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12 novembre 2004

ARNO: le chanteur Belge déjanté

C'est du Belge, mais du Bon

Un condensé de Brel, Brassens, Bashung, Bécaud, Bézu (non là j'déconne),

Barbara .... Mais pourquoi il s'appelle Arno ?

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Celui qui chante "Let's get stones/Music is the dope", et qu'on a beaucoup comparé à tout le gratin musico-alcoolisé façon Gainsbourg ou Tom Waits, est avant tout un des interprètes les plus bouleversants du paysage musical européen. Sa voix, son humour ou sa "rock'n'roll attitude" font de lui un interprète hors pair. Et à l'ère du remix techno-glacé, ses reprises de Brel ou d'Adamo restent des petits bijoux musicaux.
 
  C'est en Belgique flamande à Ostende que naît Arno Hintjens le 21 mai 1949. Sa mère est une femme dans le vent qui aime Gréco et le rock'n'roll. Quant à son père, aviateur et mécanicien dans l'aéronautique, c'est un homme qui aime la politique et la littérature américaine. Mais cependant, Arno est en partie par sa grand-mère et ses tantes.

Dans les années 60, Arno voyage en Asie et effectue le rituel séjour à Katmandou. On l'aperçoit aussi chantant à St Tropez, dans les îles grecques ou à Amsterdam. Indéniablement branché musique, il chante pour la première fois sur une scène lors d'un festival d'été à Ostende en 1969. Suite à ça, il fait ses armes au sein de groupes dont Freckle Face entre 72 et 75 dans lequel il tient l'harmonica. Après un unique album auto-produit en 75, Arno quitte le groupe pour un autre, Tjens Couter. C'est en fait un duo qu'il partage avec Paul Decouter. Comme dans Freckle Face, le répertoire est plutôt rhythm'n'blues et de toute façon, très anglo-saxon.

TC Matic

Vers 1977, Arno et Decouter forment TC Bland avec Ferre Baelen et Rudy Cloet. Le groupe connaît une certaine notoriété et tourne beaucoup à travers l'Europe. Mais en 80, rejoints par Serge Feys aux claviers, la formation devient TC Matic, un des groupes les plus novateurs du rock européen de cette époque. Rapidement, Decouter est remplacé par Jean-Marie Aerts, qui restera l'un des compagnons de route d'Arno. Européens, ils le sont vraiment. Leurs tournées traversent régulièrement la Scandinavie, l'Angleterre, la France, la Belgique, les Pays-Bas ou l'Allemagne. Au cours de l'été 81, sort un tout premier album éponyme. Puis, sur le label EMI, ils enregistrent plusieurs albums dont "l'Apache" en 82. Certains de leurs titres comme "Elle adore le noir" ou "Putain putain" restent encore aujourd'hui des compositions phares de l'époque.

En 85, ils assurent la première partie de la tournée européenne des Ecossais de Simple Minds. Mais 85 marque aussi la fin de TC Matic qui cesse définitivement d'exister en 86.

Arno se lance alors dans une carrière solo avec un premier album à son nom dès 86. Enregistré avec une partie des musiciens de TC Matic et entièrement composé par Arno, l'album est essentiellement en anglais. Un seul titre en français sort du lot, "Qu'est-ce que c'est ?", dont l'unique texte est "Qu'est-ce que c'est ?" répété une bonne quarantaine de fois.

 
  Solo

Au cours de toutes ses années au sein de différents groupes, Arno s'est forgé une solide notoriété sur la scène musicale. Son talent d'interprète est déjà largement reconnu. Quant à sa personnalité un peu sauvage et tout en cassures, elle le place parmi les artistes les plus remarqués de la scène rock. Dans sa nouvelle voie solitaire, Arno n'a donc pas trop de mal à s'affirmer dans le paysage musical.

Dès 1988, il sort un second album, "Charlatan", encore essentiellement en anglais. On y trouve cependant "Le Bon Dieu", une sublime reprise du plus fameux des chanteurs belges, Jacques Brel. Deux ans plus tard, installé un temps à Paris, il sort "Ratata". De ce disque presque entièrement écrit avec Jean-Marie Aerts, on se souvient de "Lonesome Zorro", entêtante mélodie soutenue par la voix de sa choriste Beverly Brown. Le 26 juin 1990, Arno monte sur la scène parisienne de la Cigale.

En 1991, Arno contribue à l'album de sa compagne Marie-Laure Béraud sur un titre, "Tout m'est égal". Parallèlement à son parcours solo, Arno ne dédaigne pas replonger dans quelques expériences collectives. C'est ainsi qu'en 91, on le retrouve au sein de Charles et les Lulus pour un album éponyme. Entouré de Roland Van Campenhout et d'Adriano Cominotto, il reprend des classiques du blues de Willie Dixon, Sonny Boy Williamson ou Rufus Thomas.

Du blues, Arno passe directement à Nashville pour enregistrer son nouvel album en 1993, "Idiots savants". Après Brel, c'est à Adamo, autre célébrité de la chanson belge, qu'Arno emprunte un des plus fameux titres, "les Filles du bord de mer". Cette nouvelle reprise confirme le talent indéniable pour redonner une nouvelle vie à d'anciennes chansons. Cette dernière reste d'ailleurs une des plus belles interprétations du répertoire d'Arno.

Le 16 février 1994, c'est sur la scène de l'Elysée Montmartre qu'Arno fait une escale parisienne.

 
  Français(e)

Après Charles et les Lulus, nouvelle parenthèse collective avec Arno et les Subrovnicks en 94. C'est entouré d'anciennes connaissances, Adriano Cominotto (ex-Lulu), Rudy Cloet (ex-TC Matic) plus Geoffrey Burton et François Garny, qu'Arno enregistre l'album "Water" dans le Sud-Ouest de la France.

Toujours en 94, Arno se lance dans la musique de film avec "Personne ne m'aime" de la Française Marion Vernoux. Le milieu du cinéma ne lui est pas inconnu et déjà en 78 en Belgique, il avait écrit la musique du film "le Concert d'un homme seul".

Après plus de 20 ans de carrière essentiellement anglophone, Arno sort en 1995 son premier album intégralement en français. Treize titres co-signés avec Jean-Marie Aerts ou Ad Cominotto. On retrouve la reprise de Brel, "le Bon Dieu" ainsi que deux nouvelles, "Elle pense à lui" de CharlElie Couture et surtout "Comme à Ostende", signée Léo Ferré et Jean-Roger Caussimon. Arno atteint les classements de meilleures ventes avec l'extrait "les Yeux de ma mère". L'album privilégie le mélange des genres, du tango au jazz en passant par un blues auquel la voix d'Arno donne toujours une texture particulière.

Le 13 décembre, Arno est au Bataclan de Paris avant d'entamer une tournée qui traverse la France, la Suisse, mais qui s'envole aussi aux Etats-Unis puisqu'il chante à New York et à Austin, Texas.

L'année suivante, on retrouve Arno dans les sphères cinématographiques mais en tant qu'acteur. Il joue un maître nageur homosexuel dans "Camping Cosmos", le film du Belge Jan Bucquoy, réalisateur du très remarqué "la Vie sexuelle des Belges".

Retour sur scène en octobre 96 avec une soirée à l'Olympia le 7. Un album live sort d'ailleurs dès l'année suivante, "Arno (en concert à la Française)" qui reprend les meilleurs moments de ses tournées. Un album en anglais sort aussi en 97, "Give me the gift", mais destiné seulement au marché américain. Enfin toujours en 97, L'acteur Michel Piccoli lui donne un rôle dans "Alors Voilà". Arno en écrit la bande originale.

 
  Définitivement Rock

De Charles et les Lulus, Arno passe à Charles and the White Trash Blues en 98. Au sein de ce nouveau groupe occasionnel où on retrouve le guitariste Geoffrey Burton, il offre un album entre blues et rock et dont les reprises, désormais habituelles dans son répertoire, vont cette fois des Kinks à Nina Simone.

En 99, c'est toujours autour d'une reprise qu'on le retrouve. Mais cette fois c'est en tant qu'invité sur l'album de l'Américaine, installée en Belgique, Beverly Jo Scott. Ensemble ils signent un titre réjouissant qui fait la synthèse de "la Fille du Père Noël" de Dutronc et de "Jean Genie" de Bowie.

Un nouvel album paraît fin août 99, "A Poil Commercial". Toujours dans une veine blues-rock, ce disque met une fois de plus en valeur la voix façon "whisky-clope" d'un chanteur tendre et attachant. Une tournée de 170 dates s'ensuit tout au long de l'année 2000. En octobre, après un des derniers concerts à Prague, le chanteur est invité par la Cité de la musique à Paris pour une carte blanche lui permettant de monter un spectacle au contenu de son choix. Sans invités, et avec son groupe habituel, il donne pour l'occasion, et pendant trois jours, un bal rock classieux et chaleureux applaudi par un public tout acquis. Un mois plus tard, sort une compilation qui résume 30 ans de carrière.

Le 26 février 2002, Arno est de retour avec un album à son image : rock et attendrissant. Intitulé "Arno Charles Ernest", le CD renferme 15 titres plus acoustiques dont un duo avec Jane Birkin ("Elisa") et une reprise des Rolling Stones, "Mother's Little Helper". Très vite, il entame une tournée avec un passage à l'Olympia de Paris le 8 mars.

Tiens, une de ses chansons (pas la moindre): Les Yeux de ma Mère

Ma mère elle a quelque chose
Quelque chose dangereuse
Quelque chose d'une allumeuse
Quelque chose d'une emmerdeuse

Elle a des yeux qui tuent
Mais j'aime ses mains sur mon corps
J'aime l'odeur au-dessous de ses bras
Oui je suis comme ça

Dans les yeux de ma mère
Il y a toujours une lumière
Dans les yeux de ma mère
Il y a toujours une lumière
L'amour je trouve ça toujours
Dans les yeux de ma mère
Dans les yeux de ma mère
Il y a toujours une lumière

Ma mère elle m'écoute toujours
Quand je suis dans la merde
Elle sait quand je suis con et faible
Et quand je suis bourré comme une baleine
C'est elle qui sait que mes pieds puent
C'est elle qui sait comment j'suis nu
Mais quand je suis malade
Elle est la reine du suppositoire

Dans les yeux de ma mère
Il y a toujours une lumière
Dans les yeux de ma mère
Il y a toujours une lumière
L'amour je trouve ça toujours
Dans les yeux de ma mère
Dans les yeux de ma mère
Il y a toujours une lumière

Ma mère a quelque chose
Quelque chose dangereuse
Quelque chose d'une allumeuse
Quelque chose d'une emmerdeuse

Dans les yeux de ma mère
Il y a toujours une lumière
Dans les yeux de ma mère
Il y a toujours une lumière
Dans les yeux de ma mère.

 

Putain !!!


C'est pas sur TF1 qu'on entends ça

 

Posté par demostene à 21:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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